Notre Grande Enquête de 2022

Quatre ans plus tard, la région continue de nous livrer ses secrets

En 2022, plus de 700 kinés ont répondus à notre Grande Enquête. Formation, conditions d’exercice, secrétariat, tous les enjeux de la profession ont été interrogés. Les données ont ensuite été traitées et rendus dans un livrable exhaustif qui nous a servi à préciser nos axes de travail pour les projets convenus avec l’ARS Centre-Val de Loire dans le cadre du Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) 2024-2026

En 2026, l’URPS MKL CVL a poussé l’analyse plus loin, affinant ses résultats pour aboutir à une cartographie sans précédent de la kinésithérapie en Centre-Val de Loire.

Ces données, jusqu’alors analysées à l’échelle départementale, ont été retravaillées à une échelle plus fine : celle du canton. Ce niveau de précision, inédit pour la kinésithérapie en Centre-Val de Loire, révèle des réalités territoriales très contrastées, que quatre cartes thématiques permettent de visualiser. Ensemble, elles dressent un tableau cohérent et préoccupant : celui d’une profession sous tension, dont les fragilités se cumulent et se concentrent souvent dans les mêmes territoires.

Carte 1 — L’accès aux soins en tension : des délais d’attente préoccupants

C’est le premier signal d’alerte, et le plus visible pour les patients. Dans de nombreux cantons de la région, plus de trois kinés sur quatre font attendre leurs patients plus d’un mois avant de pouvoir les prendre en charge. Cette carte rend visible une réalité souvent invisible dans les statistiques habituelles : derrière les chiffres, ce sont des arrêts de travail qui s’allongent, des douleurs qui s’installent, des parcours de soins qui se fragmentent.

Carte 2 — Des kinés à bout de souffle : la surcharge de travail canton par canton

Pour comprendre pourquoi les délais s’allongent, il faut regarder ce que vivent les professionnels. Dans certains cantons, la totalité des kinés interrogés déclarent se sentir dépassés par leur charge de travail, souvent ou tous les jours. Cette carte documente pour la première fois à cette échelle un épuisement professionnel diffus, qui fragilise la qualité des soins et rend d’autant plus urgente la question des installations nouvelles.

Carte 3 — Une profession vieillissante : le défi du renouvellement générationnel

La surcharge d’aujourd’hui annonce la pénurie de demain. Dans plusieurs cantons, plus de la moitié des kinés en exercice ont 60 ans ou plus. Ces départs à la retraite programmés, concentrés dans des territoires déjà sous tension, posent avec acuité la question de la relève : qui prendra le relais, et dans quel délai ?

Carte 4 — Une profession formée ailleurs : le déficit de formation locale en kinésithérapie

La réponse à cette question se heurte à un défi structurel. La grande majorité des kinés exerçant en Centre-Val de Loire n’y ont pas été formés. Pendant longtemps, des quotas de formation insuffisants ont contraint de nombreux étudiants originaires de la région à se former ailleurs — et parfois à ne pas y revenir. Si la création d’un institut de formation à Tours constitue une avancée, la région reste largement dépendante de l’attractivité qu’elle exerce auprès de professionnels formés dans d’autres régions. Une attractivité qui ne va pas de soi.